Coups de coeur

Les femmes et le monde

La Fédération des cafés-librairies de Bretagne
vous accueille du 9 octobre au 11 décembre 2020
autour de

Ce que les femmes disent du monde
couv-Lel-2020 - jpeg
Je ne sais plus ni quand ni comment c’est arrivé. Je ne sais plus ni quand ni comment l’oxygène a réussi à se frayer un chemin jusqu’au fond de mes poumons.*

En 2011, notre 1ère édition fut consacrée aux femmes, à leurs engagements, leurs créations, leur(s) singularité(s). Pour cette 10ème édition, nous avons souhaité à nouveau convier les autrices, réalisatrices, journalistes, militantes et aussi le réalisateur Félix Le Garrec. Femmes artistes, citoyennes, engagées, elles partagent leur univers, leur réalité, leur regard sur le monde. Notre programme est riche de propositions plurielles nourries de la trajectoire de chacun(e). Elles nous invitent à la lecture, à la réflexion, à être soi, à la révolte, à découvrir le monde, à être dans l’Histoire.

Une manifestation passionnante entre
littérature et films documentaires

en compagnie de 

Dima Abdallah, Gwenaëlle Abolivier, Isabelle Attard, Amandine Dhée,
Maud Dugrand, Julia Kerninon, Marie Le Drian

Nicole et Félix Le Garrec, Carole Martinez, Mariana Otero, Gaëlle Pairel, Anne Pauly,
Naïké Desquesnes & Mounia El Kotni, autrices du livre collectif Notre corps, nous-mêmes

 

Téléchargez en UN CLIC
le programme de cette manifestation littéraire

couv-Lel-2020 - jpeg

Ce que les femmes disent du monde – Programme Libres en Littérature 2020

 

Le meilleur moyen d’éradiquer la mère parfaite, c’est de glandouiller. Le terme est important car il n’appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’est la subversion absolue. Le jour où je refuse d’accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose.**

 

*Dima Abdallah, Mauvaises Herbes
**Amandine Dhée, La femme brouillon

TITI ROBIN en poésie

Vendredi 4 septembre à 20h – Le Bateau Livre – Pénestin
Samedi 5 septembre à 20h – La Dame Blanche – Port-Louis

Lecture musicale en compagnie de 

Portrait Titi Robin _ @Louis Vincent _ 3

Titi Robin, musicien nomade aux confluence des cultures gitanes, orientales et européennes,
auteur de textes poétiques dont certains sont réunis dans son recueil
Je t’ai bue sans sucre, mon amertume (éditions Riveneuve, 2019).

MEP_Couv-Titi

Accompagnée d’une guitare, d’un bouzouq, l’écriture sensuelle de Titi Robin se déploie ancrée dans le réel, les éléments, les douceurs et les douleurs du monde.

Je sens ton souffle
Sens-tu le mien
étoiles filantes
Sucre roux
Draps de coton
Lait cru*

Ses mots épurés évoquent avec puissance des instants simples troublants et émouvants. Une poésie qui donne envie de se poser et de partager entre

Pain
citron
pois cassés
**

Deux nouvelles escales bretonnes exceptionnelles en compagnie de Titi Robin, artiste voyageur qui a sillonné le monde au fil de ses nombreuses collaborations musicales et culturelles (Erik Marchand, Michaël Lonsdale,Faiz Ali Faiz…) et de ses vingt-et-un albums inspirés, envoûtants, délicats & généreux.

Information & réservation :
Le Bateau Livre
106 Haut Pénestin 56760 Pénestin
Tél.
02 23 10 00 86 – Mél.lebateaulivre-penestin@wanadoo.fr

La Dame Blanche
35 grande rue 56290 Port Louis
Tél.02 97 82 45 11

*P.31 in Je t’ai bue sans sucre, mon amertume, éditions Riveneuve, 2019
**P.41 in Je t’ai bue sans sucre, mon amertume, éditions Riveneuve, 2019

Lettre à un ami libraire

Cher Marc

Les libraires de la Fédération des cafés-librairies de Bretagne
te saluent avec amitié et te témoignent leur profond chagrin.
Ami libraire, fraternel et engagé, tu as, avec Katita, créé un lieu
plein de vie, de sens, de chaleur humaine.

IMG_20200822_213656-1-

L’Autre Rive
où nous passions le temps d’un verre, d’un repas – ah ! ce cake à l’andouille si emblématique d’une carte gourmande, locale et engageante – , d’une balade contée en forêt, d’une rencontre littéraire, d’un échange autour d’un livre. A chaque fois, nous repartions surpris d’être restés autant de temps dans votre café-librairie, tes coups de cœur à lire sous le bras : Un essai d’Hervé Kempf ou de Fabrice Nicolino, le dernier roman d’Hervé Bellec, la BD d’Inès Léraud, ou ce fameux brûlot : internet ou le retour de la bougie d’Hervé Krief que tu défendais ardemment.

Tu aimais aussi la botanique et la poésie jusqu’à fonder Les possibles, très beau Festival qui essaime la poésie dans les Monts d’Arrée, Festival créé avec Alain Rebours et Isabelle Sauvage des éditions Isabelle Sauvage.

L’histoire de l’Autre Rive est aussi celles d’amitiés tissées au fil de ces quinze années d’activité. Tu aimais les gens et tu les accueillais vraiment, avec bienveillance, humour & ce regard vif et espiègle qui te caractérise.

L’Autre Rive ferme ses portes et nous restons sidérés de ce départ précipité. Mais, l’esprit de liberté que tu as distillé perdurera et nous serons heureux-ses de t’invoquer, de t’évoquer, de t’associer à l’action d’une association dont tu es, dont vous êtes les co-fondateurs.

Dans le cadre de l’Autre Rive et des manifestations de la Fédération, nous avons organisé moult événements littéraires, cinématographiques qui proposaient un regard salutaire sur le monde. Sont venus notamemnt  : Alain & Désirée Frappier, Hervé Kempf, Nicole et Félix Le Garrec, Gérard Mordillat, Fabrice Nicolino, Inès Léraud, Marie-Monique Robin, Titi Robin...

Une programmation qui faisait de la réflexion collective,
l’élément essentiel d’un mouvement en cours et à venir.

Un monde meilleur à construire ensemble !

Cher Marc, tu nous manques,
Chère Katita, nous sommes là.

Merci pour cette Autre Rive
lieu de vie à nul autre pareil
que nous sommes heureux-ses d’avoir côtoyé

Pour toi, pour vous,
ces quelques mots de Birago Diop*

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

 

POÈME INDIEN

Dominique Guillopé – La Dame Blanche – Port-Louis – 56

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi. Laissez moi partir.
J’ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi.

Soyez reconnaissant pour les belles années passées ensemble.
Je vous ai donné mon amour, mon amitié,
vous pouvez seulement deviner le bonheur que vous m’avez apporté.
Je vous remercie pour tout l’amour que chacun m’a donné.

Maintenant il est temps pour moi de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine,
mais que la confiance vous apporte réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelques temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.

Je ne suis pas loin et la vie continue.
Si vous avez besoin de moi, appeler moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez pas me voir ou me toucher, je serai là.

Et si vous écoutez votre cœur,
vous éprouverez clairement la douceur de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
je serais là pour vous accueillir…

…N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
je ne serai pas là,
je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
la douce pluie d’automne.
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
l’étoile qui brille dans la nuit.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer.
Je ne suis pas là.
Je ne suis pas mort.

 

*Extrait de Souffles, p.64, recueil Leurres et lueurs, Présence Africaine, Poésie.

Métropoèmes

Maram al-Masri

Bruno Doucey – 2020 – 16 euros

Victor Hugo

viens avec moi dans le métro
déshabille-nous jusqu’à l’os
habille-nous d’un poème
regarde autour de toi
vois la beauté
vois la laideur
écoute les cœurs

Viens avec moi
apporte avec toi, poésie
l’imagination et le rêve
dont nous avons tant besoin.*

La poésie de Maram al Masri s’empare du métro, de ce peuple de l’ombre qui chemine de couloirs en wagons, de ces vies qui se croisent sans se rencontrer. Sauf ces regards fugaces d’un quai à l’autre, sauf ce conducteur qui ouvre sa porte, sauf ces éphémères instants d’humanité.
Ce voyage nous emporte d’une ligne de métro à l’autre et nous invite à la rencontre en compagnie de cette grande poétesse syrienne qui sait tendre la main, regarder la solitude et la misère, éprouve de la tristesse et de la joie face à tous ses semblables dont les destins se côtoient le temps d’un trajet partagé.

Nation

Le même wagon
nous transporte
Chaque minute affluent de nouveaux corps
qui maquillent leurs secrets et leurs odeurs
comme une femme chauve qui enfile une perruque

Il y a celui qui n’a pas dormi
Il y a celui qui vient de sortir de son lit
Il y a celui qui a encore des baisers accrochés à ses lèvres
et celui qui est en train de les donner
Il y a celui qui était au travail et celui qui y va
celui qui a quitté un être cher et celui qui est quitté
celui qui pleure et celui qui rit
celui qui mange
et celui qui trouve

que la mer

est encore loin.**

 

Avec Maram al Masri, il y a aussi les yeux qui fuient la réalité quand le trop plein de douleurs a fait son œuvre. Mais, la force de sa poésie, sa capacité à créer les possibles, ses mots ciselés ouvrent les horizons les plus obscurs et les plus souterrains :

Saint-Germain-des-Prés

Ne laisse pas tes rêves
dans ton lit
L’obscurité les mangera
comme les tomates
que les mères syriennes
mettent à sécher sur les toits.

Ne chausse pas tes pieds
pour descendre dans la rue
Chausse les pieds de tes rêves
eux seuls peuvent te faire marcher
danser
et même

voler.***

 

Un recueil indispensable !
à lire & à partager au fil des stations
entre poèmes de Maram al Masri
& poètes invité(e)s

Il sait peut-être,
le nuage,
de quel pays il vient…****

*Extrait poème p.135 – 136, Victor Hugo, ligne 2 direction Porte Dauphine, Métropoèmes
**p.55, Nation, Métropoèmes
***p.47, Saint-Germain-des-Prés, Métropoèmes
****p.68, Darciella Rwabahenda Keza, 6 ans, Grand Prix Poésie RATP 2018, Métropoèmes

A nos père.2

Dima Abdallah
Mauvaises herbes

Sabine Wespieser éditeur – 2020 – 20 euros

Pour engager la conversation, il me montre souvent telle ou telle plante
en pot sur le balcon

et m’apprend le nom de chacune d’elles.
Il frotte sa main sur l’origan ou la marjolaine et me fait sentir ses doigts.

Au cœur d’un Beyrouth dévasté par la guerre civile, un père et une fille se racontent mutuellement, pudiquement. Entre bombardements & déménagements, le père écrivain et la petite fille se réfugient sur des balcons où les plantes aromatiques nourrissent des instants suspendus et partagés. Jusqu’à la séparation lorsque le père décide de rester dans son pays mais laisse partir femme et enfants vers Paris. Pour fuir le chaos du Liban et le désespoir du père impuissant face à l’absurde et au danger. Au fil du roman, ce dialogue silencieux opère avec force et émotion & la petite fille devenue une jeune femme est bouleversante. Telle une funambule, elle s’élance et s’égare avant de poser son sac à dos et de faire la paix avec cette vie d’exil.

Je ne sais plus ni quand ni comment c’est arrivé. Je ne sais plus ni quand ni comment l’oxygène a réussi à se frayer un chemin jusqu’au fond de mes poumons.

Cette histoire de l’oubli – celui d’un pays, d’une langue notamment – est aussi celle des rendez-vous manqués, de cette part d’invisible qui nous lie à l’autre, à la vie, par les mains réunies. C’est encore l’histoire d’une enfant qui, comme les Mauvaises herbes, creuse son sillon malgré l’adversité & trouve sa voie vaille que vaille. Au fur et à mesure que le destin singulier de cette famille se déploie, l’écriture de Dima Abdallah évolue. Elle devient très vite ample et fluide et nous offre un roman remarquable, plein de vie et d’espoir. 

Un premier opus puissant, émouvant
à découvrir lors de cette rentrée littéraire 2020

 

 

A nos pères.1

Anne Pauly
Avant que j’oublie

 

Verdier – 2019 – 14 euros

Je pense seulement 
à mes parents
crépuscule d’automne*

Une histoire d’amour entre un père et une fille, une histoire silencieuse, pudique, un amour qui se niche dans le quotidien.

D’accord ma doucine, je t’aime, hein, le taxi arrive, tu fais bien attention,
tu fermes ta porte et t’éteins bien ton gaz.
C’est ça, j’ai pensé, j’éteindrai bien mon gaz**.

Un amour agacé aussi pour ce père farfelu, dans l’attente permanente de sa fille, violent & alcoolique autrefois, mangeur de BN à la vanille et collectionneur de piles à ses heures perdues. Un père désormais disparu et dont la narratrice regrette de ne pas avoir saisi l’ampleur de la solitude. Au gré du rangement de la maison, se dessine le portrait d’un homme qui s’ajoute à celui du père. Les témoignages de ses ami(e)s d’enfance – dont la lettre bouleversante de Juliette – évoquent un colosse délicat, cultivé et protecteur. Un homme abîmé par la vie mais en quête de spiritualité, de beauté simple et d’instants partagés. Avec émotion et drôlerie, la narratrice raconte la perte entre situations cocasses et moments de grande fragilité où le sens s’échappe de la réalité, où le manque s’insinue partout, où la présence de l’autre s’évanouit peu à peu. Jusqu’à ses signes qui tissent un lien au-delà de l’absence, ces signes qui réconcilient & racontent une histoire familiale dans laquelle chacun-e- se retrouve.

Avant que j’oublie raconte un deuil & ce qu’il génère de reconstruction de soi et de l’autre – celui que l’on a perdu et qui se découvre dans toute sa complexité. Anne Pauly offre ici un roman plein de vie, d’énergie, de vérité. A lire absolument.

 

Dans le cadre de la dixième édition de notre manifestation automnale
Libres en Littérature
Le Bel Aujourd’hui accueille Anne Pauly
lors d’une rencontre-lectures
le jeudi 5 novembre 2020 à 20h30

 

*p.120 in Avant que j’oublie
**p.43 in Avant que j’oublie

Photographie : DR Smith 2019

Course-poursuite &

Royale panique à
Versailles

royale-panique-a-versailles-600x

Claire Le Meil
Sarbacane – 2020 – 17,50€

A peine, le couple royal a-t-il emménagé à Versailles qu’un phénix farceur sème la zizanie depuis les appartements privés de la reine. S’ensuit une course-poursuite qui nous fait croiser courtisans et courtisanes, roi chauve et ministres dans les galeries où se nichent mille détails à savourer en prenant le temps…qui accélère sa course dans les allées du Roi.

A la façon d’un film de Jean-Paul Rappeneau, cette visite haletante happe la foule versaillaise, l’entraîne au pas de charge dans les galeries du palais, la jette dans l’escalier monumental & la fait surgir dans les jardins royaux

 versailles jardin
où bosquets, statues et fontaines accueillent les poursuivant-e-s du volatile si habile
qu’il s’échappe en toute hâte.

Le dessin épuré, aux couleurs sobres se déploie avec humour
et énergie sur des double-pages pleines de vie.

royale-panique-a-versailles-p22-23-1400x

Une histoire tourbillonnante et énergisante
qui se conclut en vers – La Fontaine & grand siècle obligent

Sire…commence celui-ci. Vous pouvez d’un éclat de poudre
mettre l’oiseau farceur en poudre.
Mais en ce printemps plein d’indolence,
nous implorons Votre Clémence.
Si Votre Indulgence se rapporte à Votre Puissance,
Vous êtes le soleil des hôtes de ces bois.

Balade

En compagnie de 

mademoiselle-mangetou-600x

Nicolas Codron & Julie Colombet

Sarbacane – 12,90€ – 2020 – éveil

Balade en compagnie d’une chenille bleue qui se tend et se détend au fil des pages et des rencontres gourmandes. Fraise, gruyère, bottes en plastique, crème fouettée, jouet en bois…Tout y passe pour cette minuscule vorace qui se laisse séduire par le croquant d’une feuille tendre et verte

Mmm…miam !
ça, c’est trop bon !!!

Un joli pop-up pour se plonger dans le monde rampant et virevoltant de ce peuple de l’herbe si réjouissant : scarabée, libellule, souris, ver de terre, mouche, coccinelle, fourmi, papillon…

3d-mangetou-1-1400x

Tendre et poétique, un joli livre
à déguster sans modération

Le livre est-il écologique ?

Une chronique d’Elise Feltgen
Le Temps qu’il fait
Mellionnec – 22

1507-1

Juste avant le confinement, j’avais reçu à la librairie un livre édité aux éditions Wildproject dans la collection Petite bibliothèque d’écologie populaire dont le titre avait retenu mon attention 

Le livre est-il écologique ?

Dans la plupart des cas, la réponse est évidemment non. La chaîne du livre répond à des logiques marchandes et mondialisées et se préoccupe assez peu de l’état de nos écosystèmes, sauf lorsque la thématique devient tout à coup rentable et qu’il faut alors se presser de sortir des nouveautés (imprimées à l’étranger sur des papiers provenant en grande partie d’Amérique du sud) sur la permaculture ou la fabrication d’éponges en tissus recyclés.

En tant que libraire, passionnée par les questions soulevées par les sciences humaines et l’écologie actuelle, je m’étais souvent posée la question, sans aller beaucoup plus loin devant l’ampleur du problème : nombre hallucinant des publications annuelles et pilonnage intensif, provenance des papiers, imprimeurs délocalisés, transports, emballages, normes FSC et PEFC insuffisantes ( à propos de la gestion des forêts de notre territoire, je vous conseille d’ailleurs l’excellent documentaire de F.X. Drouet, Le temps des forêts)…

Si j’avais voulu présenter en rayon seulement des livres fabriqués de façon écologique, ma sélection aurait été de beaucoup amoindrie et c’est un euphémisme !
Heureusement, vous auriez pu trouver dans la librairie quelques très bon titres, édités notamment par Wildproject ou Zones sensibles.

 

Le temps qu'il fait

Et à quoi ressemblerait une librairie dans un monde différent ?

Un tel lieu aurait-il un sens ? ça j’en suis persuadée mais comment pourrait-il exister si justement la chaîne du livre se mettait à dysfonctionner ?

Dans le contexte actuel de pandémie, cette question devient brûlante. J’ai donc ouvert le livre : en 2019, une association pour l’écologie du livre a été crée par différents acteurs et actrices du monde du livre et de la lecture, dans l’idée « d’œuvrer à la diffusion des idées de l’écologie » auprès de l’ensemble de la filière.

ecologiedulivre.org

Ce petit ouvrage, Le livre est-il écologique ?, donne une idée des réflexions passionnantes menées par ce collectif. Il commence avec l’interview – déjà publiée dans Un sol commun, Lutter, Habiter, Penser, Marin Schaffner, Wildproject – de la libraire Anaïs Massola qui expose l’importance du métier de libraire pour la préservation de la bibliodiversité.

Nous entendons aussi le point de vue d’un éditeur –  Alexandre Laumonnier, Zones sensibles – soucieux des questions écologiques. L’autre bout de la chaîne n’est pas éludé, car l’entretien suivant est mené avec le forestier Daniel Wallauri engagé chez WWF France.

Le grand mérite de ce tout petit livre est aussi d’y avoir réuni quelques nouvelles d’éco-fictions, qui imaginent des librairies d’un genre nouveau. Si toutes les propositions ne m’ont pas également séduites, la démarche est à saluer, car c’est en faisant bouger les imaginaires qu’on peut espérer construire quelque chose de différent.

Imaginons donc une autre façon de concevoir la vie d’un livre
quelle que soit notre place dans cette chaîne
éditeur/trice, libraire & aussi lectrice et lecteur. 

Carte FCLB avec Ulysse à l'Ouest