Actualité

Les coups de coeur de La Cabane à Lire

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Des coups de cœur voyageurs
Entre saga familiale et fable écologiste

 

 

Joumana Haddad
Le livre des reines
éditions Jacqueline Chambon – 22€

Quatre générations, quatre destins de femmes qui nous emportent dans l’Histoire tragique et brutale du Moyen-Orient des XXème et  XXIème siècles.

Ces femmes vont lutter, chacune à leur façon, contre le vent de l’histoire qu’elles subissent, même si leur révolte n’est ni comprise ni entendue.

Cette saga familliale nous transporte en Turquie, au Liban, en Syrie et nous fait vivre de l’intérieur toutes les luttes douloureuses qui ont secouées ces territoires.

Mais ces conflits  sont aussi des guerres intimes, où l’amour a du mal à trouver sa place, où la violence prend des formes sournoises, où le poids des non-dits et des secrets pèse sur leurs vies. C’est comme si le malheur devait se transmettre de génération en génération…

Joumana Haddad s’est inspirée de l’histoire de sa propre famille pour tracer celles de ses héroïnes.

Ma grand-mère est née en 1912,, ma mère en 1946, je suis née en 1970 et mon premier enfant en 1992. Je suis à demi  libanaise, un quart arménienne et un quart circassienne, mais j’ai aussi des racines syriennes et palestiniennes. C’est quand j’ai découvert toutes les sources de ce sang qui coule dans mes veines que j’ai enfin compris pourquoi j’étais constamment en guerre contre moi-même, en moi-même. Les aïeux de l’homme que j’aime sont des Turcs d’Adana, là où les massacres ont commencé : est-ce une coïncidence ? J’espère que ça l’est, presque aussi ardemment que j’aimerais penser que ça ne l’est pas.

J’ai parfois la vision de toutes ces personnes d’origines et d’âges différents, vénérant des dieux différents, utilisant des langues et des accents multiples, toutes ensemble enfermées dans un interminable tunnel de conflits à répétition. Un melting-pot maudit nommé Moyen-Orient, marqué jusqu’à ce jour encore par une succession inqualifiable de combats, d’adversité et de haine, de l’Arménie au Liban, de la Palestine à la Syrie, sans parler de l’Irak, du Koweït, de l’Egypte, du Yémen, de la Turquie…la liste semble sans fin.

Je me suis souvent demandé, à force de grandir entourée par tant de violence et de douleur, si cette région de désespoir était prédestinée à être pour toujours une terre de souffrance. Entre les actuels mercenaires égorgeurs de Daech et les soldats ottomans qui répandaient la terreur il y a un siècle, qu’est-ce qui a vraiment changé ? *

Ce très beau roman intense emporte le lecteur dans l’Histoire tragique du Moyen-Orient où le destins des femmes est une bataille perpétuelle.

A lire absolument !

 

Marie Pavlenko
Et le désert disparaîtra
éditions Flammarion – 14€

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A partir de 12 ans

Le rêve de Samaa est de devenir chasseuse d’arbres, comme les hommes de son clan. Les arbres, ils vont les chercher dans le désert, de plus en plus loin et c’est de plus en plus dur car il n’en reste plus beaucoup. Le désert a tout recouvert depuis longtemps ; Les arbres sont abattus pour être vendus et permettre au village de survivre.

Les chasseurs ne veulent pas de Samaa. Chasser est une affaire d’homme ! Pourtant, elle désobéit et les suit en cachette. Mais elle se perd et tombe dans une trouée et découvre un arbre. Elle n’en avait jamais vu… Blessée, elle survit grâce à cet arbre-mère Naïa, à l’eau douce qui étanche sa soif et aux mille découvertes qu’elle va faire en observant de près cette nature inconnue jusqu’alors. Et elle se rappelle les discours de l’Ancienne.

C’est un choc, une révélation ! Sa vie bascule et bientôt aussi celle de son village.

L’Ancienne utilisait une ribambelle de mots qui sonnaient comme des pays. J’essayais d’imaginer à quoi pouvait ressembler ce monde. Il y avait des mers et de l’eau qui danse appelée rivière. L’Ancienne disait que les hommes s’y lavaient, y attrapaient des animaux à la peau miroitante, que l’eau tombait du ciel en pluie et faisait éclore la vie.

Appuyée sur le torse de ma mère, le corps réchauffé par le grand feu du campement, je fermais les yeux ; je plongeais à mon tour dans les vastes étendues évoquées par l’Ancienne. Je me figurais la douceur des cascades qui « scandaient leur mélopée dans de grands éclats de rire », la force fougueuse et mortelle de l’eau faite torrent. Dans mon esprit, le bouillonnement rocailleux des vallées avait des allures étincelantes de rêves de petite fille, de toutes les couleurs.**

Marie Pavlenko nous offre un superbe roman, court et juste, véritable ode à la nature et à la vie. Elle nous invite à réfléchir et à questionner notre propre regard sur la nature et notre environnement. Ce conte moderne est une leçon d’écologie !

**Note au lecteur page 262 in Le livre des reines
**P.109 in Et le désert disparaîtra

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poésie avec Yvon Le Men & Bruno Doucey

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Le Printemps des poètes 2020
ne se doutait pas qu’il serait confiné
& que nous aurions tous et toutes
besoin de courage et de poésie

BONNE NOUVELLE
La poésie est à nos côtés 

grâce à Yvon Le Men notamment
qui publie chaque semaine deux poèmes dans Ouest-France
Deux poèmes choisis parce qu’ils font écho à cette période inédite

YVON LE MEN

Retrouvez YVON LE MEN

goncourt
sur France Culture
au 17ème jour de confinement
https://www.franceculture.fr/emissions/confinement-votre/yvon-le-men-ou-nous-faudra-t-il-aller

& Rendez-vous avec Bruno Doucey

Bruno_Doucey©Murielle Szac-Ed.B.Doucey

& les éditions Bruno Doucey
qui nous offrent chaque jour un  menu poétique
à partager

https://www.editions-brunodoucey.com/category/menu-poesie/

menu poésie

Comme Bruno Doucey édite Yvon Le Men

A notre tour,  la Fédération des cafés-librairies de Bretagne
de vous présenter ce poème d’Yvon Le Men
paru dans Ouest-France

&

publié dans le recueil
Les mains de ma mère
illustré par Simone Massi
éditions Bruno Doucey, 2019

La main verte
Yvon Le Men
Prix Goncourt de la poésie 2019

Ma bibliothèque
n’est pas rangée

par pays
par genres
par noms
prénoms

elle est rangée
par le hasard
de ma main

verte
parfois

qui trouve le bon livre
au bon moment

un peu de neige
quand il en manque
devant mes yeux

et qui traverse
la longue nuit d’un roman russe
beaucoup de silence
quand il en faut

après tant de mots
gaspillés ici
et là

et que mes oreilles refusent

elles préfèrent
se tendre aux bruits des pas
de la mésange

au bord d’une flaque d’eau

quand elle éclaire un poème chinois
ou japonais
ou breton

égaré
mais pas perdu

sur les étagères de ma bibliothèque
mal rangée.

p.40 & 41 in Les mains de ma mère, éditions Bruno Doucey, 2019.

 

Nous avons hâte de vous retrouver
& de partager ces moments poétiques
dans le cadre de nos manifestations à venir

PORTEZ-VOUS BIEN

Du Maroc à New-York, Les coups de coeur des Bien-aimés

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Quatre romans puissants
empreints d’humanité

 

Il y est question de filiation, de rapport à
à l’autre, à soi, au monde, au destin de chacun(e)
de Marseille au Québec

pour arpenter la vie & arpenter le monde

Quatre textes conseillés
par l’équipe des Bien-aimés à Nantes

 

Ainsi parlait ma mère
Rachid Benzine

Seuil – 2020 – 13€

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Un fils qui donne sa vie à sa mère qui ne lui a rien demandé. Une mère qui a donné sa vie à un fils qui ne lui a rien demandé. Voilà, c’est la vie donnée et accordée des deux côtés, de l’enfance à la vieillesse. Ce n’est pas nouveau mais le texte de Rachid Benzine est si naturaliste, au pied du lit de sa mère malade, si sincère, si embué de souvenirs chantants qu’on se laisse prendre, tout à fait. On pense aux très beaux textes de Magyd Cherfi ou d’Abdellah Taïa, tous fils d’une mère immigrée. C’est quoi grandir dans un pays où sa mère ne parle par la même langue qu’à l’école ? C’est quoi apprendre une langue en chantant la variété française ? C’est quoi lire Balzac à une mère marocaine illettrée ? Il est beaucoup question de langue dans ce récit, celle qu’on apprend par cœur, par émotion ou obligation et celle qu’on réinvente pour mieux se comprendre au sein d’une famille. La langue comme un nouveau pays d’adoption, avec ses découvertes et ses jeux infinis.

 

 

LES FALAISES
Virginie DeChamplain

La Peuplade – 2020 – 18€

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V.retrouve sa maison natale, en Gaspésie, tout au bout du bout du Québec , là où sa mère vient d’être retrouvée morte, dans les vagues du Saint-Laurent. Elle se réfugie entre les 4 murs de la maison qui a renfermé la vie de sa mère et de sa grand-mère. Ce roman, rempli d’éléments naturels comme le vent, le froid, les embruns, vous accroche dès les 1ères lignes. Il faut dire que la couleur québécoise de la langue y est pour beaucoup. Un délice d’images et d’inventions pour nos oreilles. La narration de cette fille perdue entre douleur et retour sur elle-même oscille entre vérité crue, humour et poésie. V. a son chemin à faire pour sortir de cette ornière mais elle peut compter aussi sur un élan vital, une lumière réjouissante dans ce chaos. Les Falaises est un petit bijou de forces vives qui devraient se passer de mains en mains, sans oublier qu’il donne furieusement envie d’aller en Gaspésie et en Islande…

 

 

Il est des hommes qui se perdront toujours
Rebecca Lighieri

 

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P.O.L – 2020 – 21€

Lecture totalement addictive que celle-ci ! Après Les garçons de l’été, l’autrice aux deux signatures (R. Lighieri et E. Bayamack-Tam) nous plonge au sein d’une cité des quartiers nord de Marseille. A hauteur d’enfance et d’adolescence maltraitée, l’histoire nous maintient la tête droite tant bien que mal au milieu de la débrouille et d’une fratrie au combien attachante (un frère aîné, sa sœur cadette et son petit frère). Que faire d’une vie si mal partie quand on a 16 ans, qu’on est si beau garçon mais que l’horizon est bouché ou raconté d’avance ? Les scènes qui font grandir les personnages nous happent, nous forcent à vivre une vie si arbitraire et si sensuelle à la fois. Comme dans les films de Kechiche, les héros dévorent un monde qui passe avant tout par le corps, celui qui a survécu à une enfance volée mais celui qui peut se comparer. R. Lighieri enfonce le doigt là où ça fait mal, abandon des quartiers, domination masculine, domination de classe mais surtout elle nous raconte une sacrée histoire. Voici un grand roman, arcbouté sur une trame infernale. Voici un texte brûlant qui aborde les mêmes thèmes qu’un Edouard Louis (Eddy Bellegueule ou Histoire de la violence) mais sans « prétention », et avec la rage de faire réfléchir de nouveau à nos instincts dominants.

 

 

Tenir debout dans la nuit
Eric Pessan

Ecole des Loisirs – 2020 – 13€

 

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Une adolescente qui vit seule avec sa mère se voit offrir un séjour à New-York par un copain d’école. Jusque-là, c’est un rêve qui se réalise pour Lalie, oui, sauf qu’à peine débarquée dans l’appartement de Brooklyn, son camarade Piotr va devenir très entreprenant puis harcelant puis passer à la violence pour coucher avec elle, comme si Lalie lui devait bien quelque chose… Lalie va s’enfuir et le roman nous raconte avec tendresse et justesse l’errance de cette ado dans les rues de NY. Lalie pose des mots sur ce qui vient de lui arriver, elle qui se croyait pourtant si informée et à l’abri. On ne peut s’empêcher de penser à L’Attrape-cœurs de JD Salinger en lisant ce roman, on y trouve l’errance d’une héroïne en colère, livrée à ses peurs et retrouvant aussi sa liberté. Gageons que ce roman sera un parfait support pour les adultes et les enseignants pour aborder les questions du harcèlement et que nombre d’adolescentes se sentiront également touchées par la justesse des sentiments traversés.

 

Les Bien-aimés
en compagnie de Cécile Menanteau
& de Géraldine Schiano de Colella
2 rue de la Paix – Nantes

La Fédération des cafés-librairies de Bretagne SOLIDAIRE

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A toutes & à tous
Toutes nos rencontres poétiques sont reportées
à des dates à préciser ultérieurement

1ère de couverture - Thé, café et poésie 2020

Thé, café et poésie 2020

A bientôt
SOUS LE SOLEIL EXACTEMENT

Carte FCLB avec Ulysse à l'Ouest

Portez-vous bien & (re)lisez vos auteur(e)s préféré(e)s
en ces temps inédits

En attendant de nous retrouver autour
d’un livre, d’un verre à partager, d’un événement poétique
voici ces quelques vers d’Alexis Gloaguen

Parmi les silhouettes accoudées aux comptoirs du petit matin,
il en est une qui réinvente un monde.*

BON COURAGE à vous

&

à très vite pour réenchanter le monde
en votre compagnie & en celle des poètes

*Voies libres , extrait publié dans l’anthologie 2019 : la beauté, éphéméride poétique pour chanter la vie, éditions Bruno Doucey.

Alain Kervern & Haïkus

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La rencontre avec Alain Kervern prévue demain au Chenal est reportée à une date ultérieure.
En attendant d’échanger de vive voix avec lui, nous vous invitons à découvrir son essai captivant
Haïkus & changement climatique, le regard des poètes japonais
(éditions Géorama) disponible au Chenal.

Au fond de la nuit
s’éteignent l’une après l’autre
les lucioles pour toujours

Cet essai est un appel poétique à mettre en œuvre un nouvel humanisme
attentionné à la fragilité et à l’impermanence du monde.

Ce samedi 14 mars à 16h
Le Chenal vous propose une leçon de courage
qui ne manque pas de poésie
Projection du film de Christophe de Ponfilly
Massoud l’Afghan**

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Un film ancré dans le thème de la 22ème édition du Printemps des poètes dédiée au
COURAGE

Affiche Soulages***

https://www.printempsdespoetes.com/

Le Chenal reste ouvert ce week-end aux horaires habituels.

 

Information & réservation :
Le Chenal
13 rue du Port-Melon 29840 Porspoder
Tél.
02 98 89 54 36 – Mél.lechenal.melon@gmail.com
www.lechenal.fr

*Hosomi Ayako (1909 – 1997)
**(1998 – durée : 1h30)
***Crédit : Huile sur toile 202 x 143 cm, 30 novembre 1967.
Donation Pierre et Colette Soulages, musée Soulages, Rodez.
Photographie Vincent Cunillère © Adagp, Paris, 2019.

Les Haïkus et le changement climatique

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Rencontre avec Alain Kervern
autour de son essai passionnant

Haïkus & changement climatique,
le regard des poètes japonais*

Samedi 14 mars 2020 à 16h
Le Chenal – Porspoder – 29

 

Depuis toujours, le mujokan – sentiment de l’imprévisibilité de toute chose – nourrit le rapport des japonais à la nature. Depuis toujours, les Haïkus se sont inspirés des saisons, des éléments, du temps pour dire le monde. Aujourd’hui comme hier, les poètes japonais se saisissent des changements liés à l’urgence climatique. Ainsi Hosomi Ayako :

Au fond de la nuit
s’éteignent l’une après l’autre
les lucioles pour toujours

Leurs haïkus contribuent à révéler la menace qui pèse sur une nature si emblématique de la beauté du Japon. Comme pour ces cerisiers évoqués ici par Motomiya Tetsuro :

Tant de produits chimiques
se dissolvent en nous
vaporeux nuages de cerisiers en fleurs

Venez célébrer le printemps et partagez cet appel poétique à mettre en œuvre un nouvel humanisme attentionné à la fragilité et à l’impermanence du monde en compagnie d’Alain Kervern.

Information & réservation :
Le Chenal
13 rue du Port-Melon 29840 Porspoder
Tél.
02 98 89 54 36 – Mél.lechenal.melon@gmail.com
www.lechenal.fr
*éditions Géorama