Archive: Déc 2017

Minusculette en hiver

Minusculette en hiver
Kimiko . Christine Davenier

école des loisirs – 2017 – 10,70 €

Minusculette-en-hiver

 

Les aventures de Minusculette se poursuivent en hiver et, comme lors du premier opus, notre jeune héroïne ailée vient en aide à un ami. Aujourd’hui, un tamia désespéré par l’arrivée de l’hiver.  Alors que tous glissent joyeusement sur la glace, Gustave se désole car ses châtaignes et noisettes sont entreposées sous la patinoire au pied de l’églantier. Minusculette le recueille chez elle et trouve la solution ! Grâce à elle, le Tamia retrouve ses vivres et tous les amis de la forêt se réunissent autour d’un bon feu et d’un délicieux repas.

Mise en page 1

Les thèmes de l’amitié et de la solidarité nourrissent le texte tendre de Kimiko superbement illustré par Christine Davenier. Son dessin coloré, lumineux, en mouvement porte avec délicatesse et poésie cette histoire d’entraide et de partage. Son dessin inventif fourmille de jolies trouvailles comme ce  lit douillet en coque de noix ou le ravissant chapeau-cupule de Minusculette.

Cette nuit Gustave est resté dormir chez Minusculette.
Il était si bien chez elle qu’il n’a pas eu l’envie de rentrer chez lui !

Un album qui tient chaud
à partager avec les plus petits

 

Gaëlle Pairel, coordinatrice de la FCLB

 

 

Courez offrir ce livre !

La course en livre
Claude Ponti

l’école des loizirs – 2017 – 15€

La course en livre

Soudain, tout est belle autour de partout.

poussins

Course en livre jubilatoire en compagnie des poussins de Claude Ponti qui courent et qui sautent – Hé hé ! Hop là ! – En voilà un qui trampolline et – Bzouingue – se retourne dans le décor, scotché à l’envers tout en haut de la page. Ils continuent et vont dedans et dehors – par la gauche ou la droite et inversement – prennent leur envol et côtoient la lune & le soleil. Ils deviennent nuages ou dorment dessus. Ils redescendent dans le désert et traversent une forêt – Glop ! Hop – croient voir des Poiraboirs et croisent vraiment des Pomaboirs page 47. ils échappent à l’appétit féroce des Krokafamés puis à un monstre noir qui les poursuit. Après être passés par toutes les couleurs, ils se retrouvent tous ensemble et rigolent beaucoup. Ils pleurent un peu à cause des feuilles mortes, se réconfortent à la plage, s’essaient à la danse des marteaux & dans les toutes dernières pages, s’enlacent et s’embrassent et puis : HOP ! DEMI-TOUR !

Une chose est vraie dans ce livre : 2 et 106 c’est pareil que 107 et 1.

Quel bol d’énergie, de drôlerie & de bonheur ! De pages en double pages, de passages en demi-tour, il y a du rire, de la tendresse, du suspens et une pincée de trouille. Il y a le texte – en long, en large, en bulles ou en pancartes, à l’endroit et à l’envers. Il y a l’image qui se retourne, se regarde en miroir, s’étire de chaque côté, se déchire. Il y a la liberté de partir et surtout l’envie de rester, de partager cet album de Claude Ponti et de tout recommencer.

Le poussin masqué

Gaëlle Pairel, coordinatrice de la FCLB

Les arpenteurs

Témoins silencieux en Baie d’Audierne
Félix et Nicole Le Garrec

Couv livre
éditions Vivre tout simplement – 2017 – 28€

Depuis son enfance, Félix Le Garrec arpente cette plage de Tréguennec jouant dans ces « Blockhaus – casemates » qui deviennent, après la guerre, le terrain de jeux des enfants. Elle est sa plage, celle de sa famille, de ses amis, des cavaliers, des artistes qui s’y installent pour se nourrir du souffle du vent et de la force des marées. Ces témoins du conflit sont le fil conducteur de ce nouvel opus de Nicole et Félix Le Garrec. Lieux de mémoire & de vie, témoins des élans amoureux et des luttes anti-nucléaires, ces forteresses sont désormais investies par les peintres. Les photographies sont accompagnées par le texte de Nicole et quelques chansons de Mélaine Favennec.

Nous ressentions avec une certaine ambiguïté la puissance maléfique de ces murs épais, construits pour combattre, pour durer. Une puissance sans nuance, la force brutale. Quand la mer est devenue maîtresse, ces mastodontes sont apparus chaque jour un plus vulnérables à l’oeil nu. Les zébrures, les déchirures les ont « humanisés ». Certains persistaient à vouloir faire disparaître ces horreurs, mais leur dégradation visible s’accompagnait d’un intérêt naissant. Elles appartiennent au patrimoine, elles racontent l’histoire de la guerre, d’une Occupation de quatre ans qu’on ne doit pas effacer.

HéolLes sept bigoudennes – Héol, artiste-peintre – usine à galets – Tréguennec

A nouveau, Nicole et Félix font oeuvre de mémoire sans jamais être nostalgiques.
Chez eux, le mouvement de la vie est permanent & vivifiant.
Ce livre est une invitation à la balade, de celles qui nourrissent l’âme et le corps
& que l’on aime à partager.

Big Bang familial

Granville Falls
Marc Gontard

Granville-Falls

L’Harmattan – 2017 – 20€

Ma vie actuelle est une suite de pages blanches

Ned s’ennuie, sa femme Claire aussi, ses enfants peut-être. Le rien – confortable – envahit leur quotidien. Le silence s’installe. De ces silences épais qui précèdent l’explosion.  Chaque protagoniste est alors violemment propulsé dans une réalité qui le révèle à lui-même. Un Big Bang aussi ravageur que rédempteur. Le hasard les propulse l’un et l’autre dans des univers singuliers d’où jaillissent la métamorphose. Ned retrouve le sens et goût de la vie en partageant celle des indiens cris. Claire se découvre & se consume dans une relation passionnelle et charnelle avec une femme vénéneuse.

Et si les trous noirs n’étaient que des voies de passage ouvertes sur un autre univers. Un univers différent ? Ou rien ne serait identique à ce que nous connaissons…Un autre monde, accessible à partir du premier, où, après l’expérience mystérieuse du trou noir, tout serait à recommencer ?

Un roman noir, glaçant et glacé qui se raconte à deux voix et
nous interroge sur le sens de la vie et celui de nos choix.

Au nom des filles, des mères et de la Tchécoslovaquie

Giboulées de soleil
Lenka Hornakova – Civade

Renaudot0

Alma Editeur – 2016 – 16€
Prix Renaudot des Lycéens 2016

La ligne intitulée nom du père est vide. Chez moi, elle est vide, la ligne est blanche. Piqûre de rappel, je ne suis pas comme les autres. Je m’en fous, de porter le nom de jeune fille de ma mère, de ma grand-mère et de mon arrière-grand-mère. J’en suis même fière.
Mais dehors, avoir un vide sur un acte de naissance ça pèse. 

Les Giboulées de soleil est un roman choral qui dessine l’histoire contemporaine de la Tchécoslovaquie. De la fin de la deuxième guerre mondiale à la chute de l’empire soviétique, les destins de Magdalena, Libuse et Eva incarnent cette chronique passionnante d’un pays en reconstruction. De mère en fille, leurs vies se déroulent depuis l’auberge familiale de ce village tchèque situé à côté de la frontière autrichienne. La violence et l’amour tissent leur quotidien marqué par la domination et l’absence des hommes. Elles vont survivre à toutes les épreuves et, de génération en génération, d’aiguilles en fils rouges, elles s’affranchissent du regard des autres
et conquièrent leur liberté.

Ces voix qui se racontent composent trois superbes portraits de femmes
en prise avec le souffle de l’histoire.

La broderie m’aide. Pour oublier ou me souvenir.
J’ai appris à enfiler les événements que je veux oublier en même temps que le fil et, au fur et à mesure que le motif prend forme sur le tissu,
l’événement se transforme en motif.

Les giboulées de soleil est un beau roman à transmettre

Gaëlle Pairel, coordinatrice de la FCLB