Dans la chambre de veille

En compagnie de Gwenaëlle Abolivier
à La Cabane à Lire
Mercredi 14 octobre à 20h

Plongée sensible dans Ouessant en compagnie de Gwenaëlle Abolivier qui nous embarque au plus près de l’âme de cette île du Ponant dans ce roman poétique : Tu m’avais dit Ouessant (éditions Le Mot et le Reste, 2019). L’île aux 5 phares, telle qu’elle s’en approche, telle qu’elle la perçoit au fil de ses rencontres, de ses balades à vélo portée par le vent, de ses promenades nocturnes et solitaires, accompagnée par le faisceau des phares. Ouessant, port ouvert sur le monde, pays de solitudes. Ici, le destin de chacun(e) est affaire de vent et de marées, d’obscurité et de lumière, d’aventures au long cours et de voyages immobiles.

Va et on te le dira : quoi qu’il arrive l’île est plus forte que tout ! La fascination réside peut-être là. C’est la nature qui a le dernier mot. Si en ville nous sommes déjà des hommes augmentés ou en passe de le devenir, ici, le ciel et ses déchirures, l’aveuglement du soleil et la furie de la mer, nous rappellent à notre fragilité.*

Un instant suspendu, mélancolique et revigorant ; une histoire de sel et d’écume à partager avec Gwenaëlle Abolivier lors de cette soirée-lectures.
À Bruz, le jeudi 15 octobre, L’auteure et journaliste va travailler avec les élèves du collège de Pierre Brossolette autour du son, de la captation sonore, des images poétiques et littéraires que les bruits du quotidien et ceux de la nature peuvent susciter.

Information & réservation :
La Cabane à Lire
16 Place Marcel Pagnol 35170 Bruz
Tél.02 23 50 35 85
Mél. contact@lacabanealire.fr – www.lacabanealire.fr

*p.181 in Tu m’avais dit OUESSANT , éditions Le mot et le reste

Apéro-poétique avec Daniel Maximin

à L’Embellie
Samedi 10 octobre à 12h30

Le souffle poétique
en partenariat avec l’espace Cœur en scène (Rouans)

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Rencontres-lectures avec Daniel Maximin, romancier, essayiste, poète à l’occasion du spectacle jazz L’âge des forêts vierges* créé par la musicienne Élisabeth Paniez & inspiré des textes du poète extraits de son recueil L’invention des désirades et autres poèmes (éditions du Seuil).

La force poétique de Daniel Maximin naît en Guadeloupe, île nature puissante, île entre terre et mer, volcan entre air et feu. Quatre éléments, l’enfer et le paradis, l’isolement et cet écho fédérateur, source de toutes les inspirations, de toutes les imaginations. L’esprit des Caraïbes qui souffle d’île en île, féconde les écritures, fait jaillir l’ailleurs, irrigue une culture et une musique partagées.

Je suis trop humide pour sentir le roussi. Le feu me
passe en plein cœur mais je ne suis pas le feu.
Seulement une porteuse d’eaux et de flammes, en sources
et en chutes, sans lesquelles l’île ne pourrait pas respirer,

et serait prisonnière entre nuages et mangrove, entre
marais et marées, avec des talons de boues aux ailes
de ses feuillages. Les pierres précieuses fondent à
mon cou, mais ma bouche est fragile et je ne suis pas
l’enfer**

Autour de poèmes inédits, de ses recueils, de ses amitiés en poésie, venez partager l’univers singulier, humaniste et profond de Daniel Maximin.

Et pour l’avenir, réserve à tes lèvres un mot chaud un silence et un mot frais
Avec une harmonie d’odeurs de saveurs et couleurs tissées entre tes mains.***

Information & réservation :
L’Embellie
13 rue Jean Duplessis 44760 La Bernerie-en-Retz
Tél.02.40.82.48.04 – Mél.contact@embellie.orgwww.embellie.org

*Pour le spectacle L’âge des forêts vierges : information & réservation auprès de l’espace Cœur en Scène : rouans.fr. Cet événement est co-organisé la commune de Rouans, le Collectif Spectacle en Retz et l’association Musique et Danse en Loire-Atlantique.
**Extrait de Soufrière (in L’invention des désirades et autres poèmes, éditions du Seuil) mis en musique par Arthur H et Nicolas Repac dans le très bel album l‘or noir (naïve – 2012)
***Poème inédit de Daniel Maximin que nous remercions infiniment pour ce cadeau et la confiance qui l’accompagne.

Une rencontre passionnante avec Isabelle Attard

A La Lettre Thé
Ce vendredi 9 octobre à 19h

autour de son essai
Comment je suis devenue anarchiste

Couverture Comment je suis devenue anarchiste

Cette rencontre avec Isabelle Attard
inaugure la Xème édition de notre manifestation automnale
Libres en littérature

Programme complet à télécharger en UN CLIC
Ce que les femmes disent du monde – Programme Libres en Littérature 2020

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L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre
Elisée Reclus

Rencontre avec Isabelle Attard autour de son essai Comment je suis devenue anarchiste (Le Seuil/Reporterre) ou comment réinventer l’anarchisme du XXIème siècle ?

L’anarchisme, philosophie politique, est depuis toujours combattu par les tenants du capitalisme et du pouvoir : trop égalitaire, trop libertaire, trop fraternel, trop écologiste, trop féministe ?

À partir de son expérience personnelle, de ses nombreuses lectures et recherches, Isabelle Attard retrace ici l’histoire de l’anarchisme volontairement oubliée par les récits nationaux, démontre les vertus de cette utopie réaliste, appelle à sa mise en œuvre pour sortir de cette impasse sociale, économique et écologique dans laquelle l’ultra-libéralisme a plongé le monde. À l’individualisme forcené, l’autrice oppose un vivre ensemble respectueux du vivant.

Un essai passionnant, documenté, pétri de sens et d’espoir à partager ensemble pour se réapproprier le bien commun & servir l’intérêt général.

Information & réservation :
À La Lettre Thé
9 place de Viarmes 29600 Morlaix
Tél.02 56 45 54 06
Mél. alalettrethe@hotmail.fr – Blog : http://alalettrethe.blogspot.fr

 

Prenez le métro…

en compagnie de Maram al Masri
lors de deux rencontres-lectures

MaramAlMasri©Philippe-Barnoud

Le Temps qu’il fait – Mellionnec – 22
Mardi 6 octobre 2020 à 19h

Ulysse à l’Ouest
Mercredi 7 octobre 2020 à 20h

Avec ses deux nouveaux recueils La femme à sa fenêtre & Métropoémes (éditions Bruno Doucey). Maram al Masri nous offre des moments rares, authentiques où se côtoient les souffrances et les bonheurs d’une femme syrienne qui a choisi la liberté et a eu tous les courages.

J’étais en train de marcher, fatiguée
je regarde derrière moi :
je me vois en train de tirer
une montagne de tristesse avec ma main droite
une montagne d’espoir avec ma main gauche.*

Au fil de ses nombreux recueillent, sa poésie sensible et radicale, douce et révoltée, ciselée et métaphorique se déploie en arabe et en français.

Les gens passent sans regarder
Même ceux qui donnaient au début

Et moi je passe
La tête basse comme une rose fane

Triste comme un chien trahi
De voir ma belle Syrie défigurée
Et pourtant humaine

Les ruines des colonnes de Palmyre
S’effondrent

Jusque dans les couloirs
Du métro parisien.**

Bienvenue à ces deux soirées intenses avec une poète humaniste et engagée dont les textes seront lus en arabe par Maram al Masri et en français par Gaëlle Pairel.

Information & réservation :
Le Temps qu’il fait
12 Place de l’église 22110 Mellionnec
Tél.02 96 36 40 90 – Mél.contact@librairieletempsquilfait.org

Ulysse à l’Ouest
3 rue de la chanvrerie 35190 Bécherel
Tel.0614996618 – Mél.co.bidet@wanadoo.fr

*p.55 in La femme a sa fenêtre, Poés’histoires, éditions Bruno Doucey
**p.204 & 205, extrait du poème Denfert-Rochereau in l’anthologie Courage !, éditions Bruno Doucey

 

 

Une poésie vive et percutante

Rencontres-lectures
avec Cécile Coulon

autour de
noir volcan

Couverture noir volcan

Lectures Vagabondes – Liffré
Mercredi 30 septembre à 20h15

&
Les Bien-aimés – Nantes
Jeudi 1er octobre à 19h

noir volcan, le nouvel opus poétique (éditions Le Castor Astral) depuis la parution de son premier recueil Les ronces* en 2018. Ancrés dans le réel & le quotidien, traversés par les âges, bousculés par la vie, l’univers de Cécile Coulon s’assombrit et les vers grondent face au monde qui s’agite et à l’amour qui s’en va

Votre bonheur d’être ensemble m’a rouée de coups ;
je me cache derrière un paquet enveloppé de kraft brun qu’on
me tend,
à l’intérieur un chèque pour tous les moments
que j’ai passé loin de toi
pensant que tu étais assez solide pour ça,
que j’étais assez solide pour ça,
je me cache derrière ce paquet enveloppé de kraft brun,
à l’intérieur mon emploi du temps
pour les six prochains mois.**

écrits sur les routes, pétris de rencontres et de solitude, de très beaux textes sombres, explosifs, mélancoliques

Ce qui compte réellement quand on a perdu
ce qu’on pensait ne jamais perdre,
c’est la douceur.***

Ce qui compte lorsqu’on lit ce nouveau recueil, c’est la noire douceur qui s’en dégage, décale nos certitudes, nous ramène à l’essentiel. Ce qui compte c’est d’entendre la voix de Cécile Coulon et l’esprit poétique qui émerge partout dans le monde. Nous évoquerons avec Cécile Coulon cette nouvelle scène autour de laquelle elle a créé avec Alexandre Bord, au sein des éditions Iconoclaste, la collection IconoPOP ! 

Information & réservation :
Lectures Vagabondes
28 avenue François Mitterrand 35340 Liffré
Tél.02 99 68 59 32 – 
Mél.lecturesvagabondes@orange.fr

Les Bien-aimés
2 rue de la Paix 44000 Nantes. – Tél.02 85 37 36 01
l.librairielesbienaimes@gmail.comwww.les-bien-aimes.fr

*Prix Apollinaire 2019, Prix SGDL révélation de poésie.
**p.17 & 18, extrait de POUR VOUS DEUX in noir volcan, éditions Le Castor Astral, 2020
***p.142, extrait de LA DOUCEUR in noir volcan, éditions Le Castor Astral, 2020

 

Les femmes et le monde

La Fédération des cafés-librairies de Bretagne
vous accueille du 9 octobre au 11 décembre 2020
autour de

Ce que les femmes disent du monde
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Je ne sais plus ni quand ni comment c’est arrivé. Je ne sais plus ni quand ni comment l’oxygène a réussi à se frayer un chemin jusqu’au fond de mes poumons.*

En 2011, notre 1ère édition fut consacrée aux femmes, à leurs engagements, leurs créations, leur(s) singularité(s). Pour cette 10ème édition, nous avons souhaité à nouveau convier les autrices, réalisatrices, journalistes, militantes et aussi le réalisateur Félix Le Garrec. Femmes artistes, citoyennes, engagées, elles partagent leur univers, leur réalité, leur regard sur le monde. Notre programme est riche de propositions plurielles nourries de la trajectoire de chacun(e). Elles nous invitent à la lecture, à la réflexion, à être soi, à la révolte, à découvrir le monde, à être dans l’Histoire.

Une manifestation passionnante entre
littérature et films documentaires

en compagnie de 

Dima Abdallah, Gwenaëlle Abolivier, Isabelle Attard, Amandine Dhée,
Maud Dugrand, Julia Kerninon, Marie Le Drian

Nicole et Félix Le Garrec, Carole Martinez, Mariana Otero, Gaëlle Pairel, Anne Pauly,
Naïké Desquesnes & Mounia El Kotni, autrices du livre collectif Notre corps, nous-mêmes

 

Téléchargez en UN CLIC
le programme de cette manifestation littéraire

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Ce que les femmes disent du monde – Programme Libres en Littérature 2020

 

Le meilleur moyen d’éradiquer la mère parfaite, c’est de glandouiller. Le terme est important car il n’appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’est la subversion absolue. Le jour où je refuse d’accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose.**

 

*Dima Abdallah, Mauvaises Herbes
**Amandine Dhée, La femme brouillon

TITI ROBIN en poésie

Vendredi 4 septembre à 20h – Le Bateau Livre – Pénestin
Samedi 5 septembre à 20h – La Dame Blanche – Port-Louis

Lecture musicale en compagnie de 

Portrait Titi Robin _ @Louis Vincent _ 3

Titi Robin, musicien nomade aux confluence des cultures gitanes, orientales et européennes,
auteur de textes poétiques dont certains sont réunis dans son recueil
Je t’ai bue sans sucre, mon amertume (éditions Riveneuve, 2019).

MEP_Couv-Titi

Accompagnée d’une guitare, d’un bouzouq, l’écriture sensuelle de Titi Robin se déploie ancrée dans le réel, les éléments, les douceurs et les douleurs du monde.

Je sens ton souffle
Sens-tu le mien
étoiles filantes
Sucre roux
Draps de coton
Lait cru*

Ses mots épurés évoquent avec puissance des instants simples troublants et émouvants. Une poésie qui donne envie de se poser et de partager entre

Pain
citron
pois cassés
**

Deux nouvelles escales bretonnes exceptionnelles en compagnie de Titi Robin, artiste voyageur qui a sillonné le monde au fil de ses nombreuses collaborations musicales et culturelles (Erik Marchand, Michaël Lonsdale,Faiz Ali Faiz…) et de ses vingt-et-un albums inspirés, envoûtants, délicats & généreux.

Information & réservation :
Le Bateau Livre
106 Haut Pénestin 56760 Pénestin
Tél.
02 23 10 00 86 – Mél.lebateaulivre-penestin@wanadoo.fr

La Dame Blanche
35 grande rue 56290 Port Louis
Tél.02 97 82 45 11

*P.31 in Je t’ai bue sans sucre, mon amertume, éditions Riveneuve, 2019
**P.41 in Je t’ai bue sans sucre, mon amertume, éditions Riveneuve, 2019

Lettre à un ami libraire

Cher Marc

Les libraires de la Fédération des cafés-librairies de Bretagne
te saluent avec amitié et te témoignent leur profond chagrin.
Ami libraire, fraternel et engagé, tu as, avec Katita, créé un lieu
plein de vie, de sens, de chaleur humaine.

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L’Autre Rive
où nous passions le temps d’un verre, d’un repas – ah ! ce cake à l’andouille si emblématique d’une carte gourmande, locale et engageante – , d’une balade contée en forêt, d’une rencontre littéraire, d’un échange autour d’un livre. A chaque fois, nous repartions surpris d’être restés autant de temps dans votre café-librairie, tes coups de cœur à lire sous le bras : Un essai d’Hervé Kempf ou de Fabrice Nicolino, le dernier roman d’Hervé Bellec, la BD d’Inès Léraud, ou ce fameux brûlot : internet ou le retour de la bougie d’Hervé Krief que tu défendais ardemment.

Tu aimais aussi la botanique et la poésie jusqu’à fonder Les possibles, très beau Festival qui essaime la poésie dans les Monts d’Arrée, Festival créé avec Alain Rebours et Isabelle Sauvage des éditions Isabelle Sauvage.

L’histoire de l’Autre Rive est aussi celles d’amitiés tissées au fil de ces quinze années d’activité. Tu aimais les gens et tu les accueillais vraiment, avec bienveillance, humour & ce regard vif et espiègle qui te caractérise.

L’Autre Rive ferme ses portes et nous restons sidérés de ce départ précipité. Mais, l’esprit de liberté que tu as distillé perdurera et nous serons heureux-ses de t’invoquer, de t’évoquer, de t’associer à l’action d’une association dont tu es, dont vous êtes les co-fondateurs.

Dans le cadre de l’Autre Rive et des manifestations de la Fédération, nous avons organisé moult événements littéraires, cinématographiques qui proposaient un regard salutaire sur le monde. Sont venus notamemnt  : Alain & Désirée Frappier, Hervé Kempf, Nicole et Félix Le Garrec, Gérard Mordillat, Fabrice Nicolino, Inès Léraud, Marie-Monique Robin, Titi Robin...

Une programmation qui faisait de la réflexion collective,
l’élément essentiel d’un mouvement en cours et à venir.

Un monde meilleur à construire ensemble !

Cher Marc, tu nous manques,
Chère Katita, nous sommes là.

Merci pour cette Autre Rive
lieu de vie à nul autre pareil
que nous sommes heureux-ses d’avoir côtoyé

Pour toi, pour vous,
ces quelques mots de Birago Diop*

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.

 

POÈME INDIEN

Dominique Guillopé – La Dame Blanche – Port-Louis – 56

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi. Laissez moi partir.
J’ai tellement de choses à faire et à voir.
Ne pleurez pas en pensant à moi.

Soyez reconnaissant pour les belles années passées ensemble.
Je vous ai donné mon amour, mon amitié,
vous pouvez seulement deviner le bonheur que vous m’avez apporté.
Je vous remercie pour tout l’amour que chacun m’a donné.

Maintenant il est temps pour moi de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine,
mais que la confiance vous apporte réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelques temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur.

Je ne suis pas loin et la vie continue.
Si vous avez besoin de moi, appeler moi et je viendrai.
Même si vous ne pouvez pas me voir ou me toucher, je serai là.

Et si vous écoutez votre cœur,
vous éprouverez clairement la douceur de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
je serais là pour vous accueillir…

…N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
je ne serai pas là,
je ne dors pas.

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige.
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
la douce pluie d’automne.
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
l’étoile qui brille dans la nuit.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer.
Je ne suis pas là.
Je ne suis pas mort.

 

*Extrait de Souffles, p.64, recueil Leurres et lueurs, Présence Africaine, Poésie.

Métropoèmes

Maram al-Masri

Bruno Doucey – 2020 – 16 euros

Victor Hugo

viens avec moi dans le métro
déshabille-nous jusqu’à l’os
habille-nous d’un poème
regarde autour de toi
vois la beauté
vois la laideur
écoute les cœurs

Viens avec moi
apporte avec toi, poésie
l’imagination et le rêve
dont nous avons tant besoin.*

La poésie de Maram al Masri s’empare du métro, de ce peuple de l’ombre qui chemine de couloirs en wagons, de ces vies qui se croisent sans se rencontrer. Sauf ces regards fugaces d’un quai à l’autre, sauf ce conducteur qui ouvre sa porte, sauf ces éphémères instants d’humanité.
Ce voyage nous emporte d’une ligne de métro à l’autre et nous invite à la rencontre en compagnie de cette grande poétesse syrienne qui sait tendre la main, regarder la solitude et la misère, éprouve de la tristesse et de la joie face à tous ses semblables dont les destins se côtoient le temps d’un trajet partagé.

Nation

Le même wagon
nous transporte
Chaque minute affluent de nouveaux corps
qui maquillent leurs secrets et leurs odeurs
comme une femme chauve qui enfile une perruque

Il y a celui qui n’a pas dormi
Il y a celui qui vient de sortir de son lit
Il y a celui qui a encore des baisers accrochés à ses lèvres
et celui qui est en train de les donner
Il y a celui qui était au travail et celui qui y va
celui qui a quitté un être cher et celui qui est quitté
celui qui pleure et celui qui rit
celui qui mange
et celui qui trouve

que la mer

est encore loin.**

 

Avec Maram al Masri, il y a aussi les yeux qui fuient la réalité quand le trop plein de douleurs a fait son œuvre. Mais, la force de sa poésie, sa capacité à créer les possibles, ses mots ciselés ouvrent les horizons les plus obscurs et les plus souterrains :

Saint-Germain-des-Prés

Ne laisse pas tes rêves
dans ton lit
L’obscurité les mangera
comme les tomates
que les mères syriennes
mettent à sécher sur les toits.

Ne chausse pas tes pieds
pour descendre dans la rue
Chausse les pieds de tes rêves
eux seuls peuvent te faire marcher
danser
et même

voler.***

 

Un recueil indispensable !
à lire & à partager au fil des stations
entre poèmes de Maram al Masri
& poètes invité(e)s

Il sait peut-être,
le nuage,
de quel pays il vient…****

*Extrait poème p.135 – 136, Victor Hugo, ligne 2 direction Porte Dauphine, Métropoèmes
**p.55, Nation, Métropoèmes
***p.47, Saint-Germain-des-Prés, Métropoèmes
****p.68, Darciella Rwabahenda Keza, 6 ans, Grand Prix Poésie RATP 2018, Métropoèmes

Poésie en duo

Rendez-vous à l’écume…
Vendredi 21 août 2020 à 18h

All-focus

pour une rencontre-lectures poétique
à deux voix en présence d’
Alexis Gloaguen & d’Yvon Le Men

autour de leurs œuvres respectives, de leurs regards poétiques sur le monde & ses îles.
Amis dans la vie – l’un repasse, l’autre cuisine – ils partagent ensemble des moments de vie

Au loin
la façade de Terre-Neuve

tout près
Alexis repasse

ici
je prépare le repas
en regardant par la fenêtre et entre les flocons

la façade de Terre-Neuve*

Nous désirions depuis longtemps croiser ces deux regards singuliers nourris d’enfances, de rencontres, de révoltes, d’humour et de liberté.

Parmi les silhouettes accoudées aux comptoirs du petit matin,
il en est une qui réinvente un monde.**

Des Rues de mercure (éditions Diabase) aux écrits de nature, tome 3 (éditions Maurice Nadeau) d’Alexis Gloaguen, de la trilogie poétique Les continents sont des radeaux perdus (éditions Bruno Doucey) Aux marches de Bretagne (éditions Dialogues) d’Yvon Le Men, nous vous invitons à arpenter les chemins de poésie de ces deux auteurs généreux, inspirés et inspirants. Une rencontre-lectures à deux voix pour – peut-être – réinventer un monde.

*Extrait de Saint Pierre sans Miquelon sous le nuage islandais (Poème stabilisé) in Un cri fendu en mille, les continents sont des radeaux perdus, 3, éditions Bruno Doucey.
**Voies libres , extrait publié dans l’anthologie 2019 : la beauté, éphéméride poétique pour chanter la vie, éditions Bruno Doucey.

Information & réservation :
L’écume…
3 place de l’Eglise 56590 Groix
Tél.02 97 56 42 67 – Mél. lecume-groix@orange.fr