Archive: Déc 2016

Chouette ! un album à Noël

Pour mettre aux pieds du sapin, quelques Coups de coeur jeunesse en images

 

Retrouvez les chroniques de ces albums sur notre blog
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LOUISE EN HIVER

LOUISE EN HIVER
Jean-François Laguionie
Les éditions de l’oeil, novembre 2016, 25 euros

Le film éponyme est actuellement en salle

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J’ai…J’ai commencé à lui raconter les…les rêves que je fais depuis quelques jours.
Est-ce que ce sont mes souvenirs ?
ça ne prévient pas, ça…ça vient doucement, comme de petites vagues…mystérieuses

 

Voyage onirique et immobile, LOUISE EN HIVER est une superbe succession de tableaux à la gouache qui nous plonge dans l’atmosphère irréelle d’une station balnéaire abandonnée. Métaphore de la vie ou non, Louise a raté le train et doit s’organiser pour survivre entre tempête, solitude et vieux souvenirs. Sa mémoire est brinquebalante comme cette cabane de plage qui l’abrite désormais mais l’arrivée d’un autre naufragé, le chien Pépère, va lui rappeler sa vie d’avant alors qu’elle était jeune, cruelle et insouciante. Pour le reste, elle ne sait plus :

Dis, Pépère…Tu crois qu’on peut être puni pour avoir oublié la moitié de sa vie ?…

L’ambiance de la mer est superbement reproduite dans ces couleurs de sable, de ciels et d’horizons, dans le grain des éléments restitué par un très beau papier. Aube et coucher du soleil, pêche à la crevette, paysages déserts et balade nocturne, on savoure la douceur et la nostalgie qui se dégagent des images et du texte. La solitude est désirée quand elle s’accompagne de liberté. Elle est aussi douloureuse quand elle a le goût de l’abandon. Louise se tient désormais à l’écart d’un monde qui semble ne plus la concerner mais s’attache profondément à ce chien qui ressemble à un tas de chiffons. Cette amitié bouleversante leur offre à chacun l’envie de partager l’hiver de leurs vies.

1er juillet Pleine lune…marée de 115 ! On a décidé de vivre, Pépère et moi.

Le journaliste Edwy Plenel et Jean-Michel Le Boulanger invités par l’Ivraie

AUJOURD’HUI
Jeudi 22 décembre 2016 à 19h30
à la Salle des Fêtes de Douarnenez

 

Le « nous » des causes communes où s’invente concrètement l’espérance, là où nous vivons, là où nous travaillons, dans tous ces lieux où nous faisons déjà route ensemble. Le « nous » des audaces démocratiques, sociales et écologiques
sans lesquelles il n’est pas de confiance retrouvée dans un avenir partagé.

 

Journaliste indépendant, co-fondateur de Médiapart créé en 2008, Edwy Plenel est invité à Douarnenez par l’Ivraie pour échanger autour de ses essais Dire nous paru en mars 2016 et Sonnons l’alarme ! à paraître en janvier 2017 (éditions Don Quichotte). Cette rencontre s’inscrit dans la manifestation Rêvons demain organisée par la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne. Jean-Michel Le Boulanger est docteur en géographie, maître de conférences en Patrimoine à l’université de Bretagne-Sud. Auteur de nombreux ouvrages sur la Bretagne, il est vice-président de la Région Bretagne, en charge de la Culture et des pratiques culturelles depuis 2010. Il vient de publier Manifeste pour une France de la diversité aux éditions Dialogues, essai préfacé par Edwy Plenel.

Le Bois dormait… Rebecca Dautremer

Le Bois Dormait de Rebecca Dautremer
éditions Sarbacane, 2016, 18 euros

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Dormir, dormir, d’accord !
Mais 100 ans ?!…C’est un peu long, non ?

On entre dans cet album en douceur…Sur les premières pages se déploie la nature sous le trait délicat de Rebecca Dautremer : un papillon sur un brin d’herbe, une grenouille posée sur un roseau, un lièvre tourmenté par la poussière – et puis, de loin, de très loin, deux hommes surgissent de la page. Un vieil homme et un jeune aux allures de Prince dessinés au crayon. Ils se dirigent d’un pas hardi vers Le Bois. Sitôt franchi l’entrée du bourg, le duo continue d’évoluer juste crayonnés sur le blanc de la page à gauche quand sur la droite, apparaît en couleur cet étrange village dormant.

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Ici, tout le monde est endormi, longs corps arrondis, figés dans des postures improbables,

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balayés par le vent et le temps qui ne cessent de passer.

Moi, je me demande si les gens ne font pas semblant.
Peut-être qu’ils sont trop fatigués, et qu’ils n’ont plus ENVIE de bouger ?
Ou peut-être qu’ils ont peur…

Le mariage constant du rouge et du bleu colore le dessin et livre des ambiances tantôt passées, impressionnistes tantôt vives et lumineuses. Les genres esthétiques comme les époques se mêlent et composent des tableaux liés les uns aux autres par des détails subtils. La grâce et la nostalgie se dégagent de chaque illustration où l’humour est distillée au détour d’un panneau, d’une affiche, de la position parfois acrobatique de ces corps assoupis. La mélancolie qui se dégage de cet album est contrebalancée par le monologue, souvent drôle, du vieil homme qui nous interpelle en permanence pour tenter de comprendre la situation et conjurer ses angoisses à défaut de conjurer le sort. Il semble que cette relecture ludique de la Belle-aux-Bois-dormants interroge l’immobilisme d’aujourd’hui avec ironie, douceur et poésie. Que faut-il faire ? demande le vieil homme. C’est le jeune homme qui trouve la solution en quittant subitement la page blanche pour écrire sa part d’histoire en couleur.
Et si les adultes laissaient les jeunes croire à leurs rêves ? Et si, effectivement, l’amour pouvait réveiller le monde de sa torpeur ?

Gaëlle Pairel, coordinatrice de la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne

Le merveilleux album coup de coeur de La Cabane à Lire – Bruz

Les souvenirs du vieux chêne
Maxime Rovere et Frédéric Pillot, édition Milan, 19,90 euros
à partir de 4 ans

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C’est une longue, longue vie que celle d’un grand et vieux chêne comme moi.
Vous tenez vraiment à ce que je vous la raconte ?

Mais oui et avec un immense plaisir… Car ce vieux chêne a de nombreuses et belles histoires à nous conter ; De la sienne, jeune gland roulant sur la mousse et écrasé par la grosse patte d’un ours qui l’a planté là à celles d’ogres, de petit poucet, de jeunes demoiselles en détresse et de braves chevaliers… Des histoires qui toutes se sont passées sous son feuillage. Il nous fait revisiter les contes de notre enfance, y ajoute une touche de fantaisie et nous fait comprendre combien ces beaux arbres ont à nous apprendre. Les superbes illustrations de Frédéric Pillot, pleines de détails et d’humour, accompagnent avec malice le texte virevoltant de Maxime Rovere. Un album à ne pas manquer !
Ces souvenirs de vieux chêne nous plongent dans la douce lumière de l’enfance !

Valérie Fèvre, La Cabane à Lire