Archive: Nov 2017

Alain & Désirée Frappier

 

LÃ où se termine la terre
CHILI 1948 – 1970
éditions Steinkis, 20 euros, 2017

J’ai pris de l’avance
dans mon récit
parce que c’est aussi ça l’exil
la permanence de la perte…

C’est l’histoire de Pedro, de son enfance au Chili « là où se termine la terre » selon son père Guillermo Atias, avocat et auteur condamné à  l’exil en 1973 après le coup d’état contre Salvador Allende. C’est l’histoire du Chili et celle d’un monde en pleine effervescence où les peuples rêvent d’un monde plus juste et souhaitent s’émanciper de l’impérialisme américain et de l’appétit des puissants. C’est l’histoire d’un continent pour qui Cuba et le Che symbolisent cette liberté d’être et de choisir. C’est notre histoire racontée à travers le regard d’un enfant devenu jeune homme. C’est celle de nos rêves qui ne cessent de se cogner à la réalité brutale et répressive d’hommes et d’états prédateurs.

Désirée et Alain Frappier forment depuis leur premier album A l’ombre de Charonne (éditions Mauconduit) un duo talentueux et percutant. Chacun de leur album nous raconte l’histoire contemporaine à travers le destin singulier d’un personnage réel. Ce nouvel opus consacré au Chili et à la vie de Pedro est un véritable coup de maître qui confirme la force et la pertinence de leur travail d’auteur. Désirée signe ici une narration incarnée, tendue, richement documentée, à la fois singulière et universelle. A partir des souvenirs de Pedro, le narrateur, Désirée retrace les enjeux de la guerre froide et leurs conséquences sur la vie des chiliens. Cette chronique vivante et passionnante est portée par une mise en page dynamique et la puissance du dessin d’Alain. La couverture révèle à elle seule la poésie, l’humanité et l’intensité qui se dégagent de son trait. La vie de Pedro et de son pays se poursuit puisque un deuxième tome est en cours d’écriture. Cette première partie s’achève sur une double page noire qui traduit l’obscurantisme dans lequel la dictature de Pinochet plonge le Chili. Comme de nombreux compatriotes, Pedro est arrêté :

Et tandis qu’on me dégringolera dans les escaliers,
tandis que j’entendrai les cris de ma mère,
je sentirai s’abattre sur moi le poids de la nuit…

Gaëlle Pairel, coordinatrice de la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne

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Dans le cadre de la 7ème édition de notre manifestation Libres en littérature dont le thème, cette année, est ENFANCE(S), la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne et les libraires ont le plaisir de vous convier à quatre rencontres avec Alain & Désirée Frappier :

portrait-pedro

Mercredi 8 novembre à 18h30 –  Livres In Room – St Pol – 29
Jeudi 9 novembre à 20h30 – Bel Aujourd’hui – Tréguier – 22
Vendredi 10 novembre à 19h – Les Bien-aimés – Nantes – 44
Samedi 11 novembre à 18h30 –  L’Autre Rive – Berrien – 29

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Programme complet en un CLIC : ENFANCE(s) – 7ème édition Libre en littérature

La femme de l’allemand

Marie Sizun
La femme de l’allemand
Arléa – Collection mille – 2007

Et une idée folle t’a traversé l’esprit : ce que tu voudrais en ce moment, la seule chose que tu voudrais vraiment, oui, cette chose impossible, c’est que ce soit ton père, l’Allemand, qui soit là, à côté, que ce soit lui qui t’appelle, lui qui te demande si ça va, Marion.
Alors, tu lui répondrais simplement, doucement :

 – Maman est morte.
Car c’est ce nom, ce seul nom que tu donnerais aujourd’hui à ta mère.

Marion est la fille de Fanny, mère fragile, aimante, oubliée, blessée par la guerre. Elles vivent ensemble, seules, entre deux internements de Fanny et les rares visites : celles du médecin et de la tante Elisa. Marion aime sa mère même si elle pressent qu’elle n’est pas tout à fait comme les autres. De son enfance à l’adolescence, la fille raconte leur vie partagée, la nécessaire distance à trouver et enfin la séparation, douloureuse et salvatrice.

Je comprends pourquoi tu t’en vas, Funny. Je sais bien que je suis malade, que ce n’est pas possible de vivre avec moi. Je sais que je ne suis pas normale.

La femme de l’allemand est le récit poignant d’un amour filial qui se raconte avec pudeur et force à la deuxième personne du singulier. Ce « tu » met l’histoire à distance : celle de Fanny racontée par sa fille Marion : Fanny « malade » d’amour et de la guerre et surtout celle de Marion et de Fanny : mère et fille liées par un amour puissant et étouffant. La narration offre une vision impressionniste du monde et des êtres, une vision à hauteur d’enfance. Au fil des ans, l’environnement se fragmente petit à petit comme le lien filial. Pour (sur)vivre, Marion doit puiser le courage de se séparer de cette mère qu’elle ne peut plus guérir.
Marie Sizun signe ici un roman magnifique, émouvant, sensible & libérateur.

Dans le cadre de Libres en littérature
Venez rencontrer Marie Sizun

à La Gède-aux-Livres – jeudi 2 novembre à 18h
à l’écume… – vendredi 3 novembre à 18h

Information & réservation :

La Gède aux Livres – 22 rue Jean XXIII 44740 Batz Sur Mer
Tél.09 64 25 30 11  – lagedeauxlivres@gmail.com
&
L
‘écume… – 3, place de l’Eglise 56590 Groix Tél. 02 97 56 42 67
lecume-groix@orange.fr

 

Insa Sané

Les cancres de Rousseau
Insa Sané
éd.Sarbacane – 16 € – 331p.

couv-Cancres-de-Rousseau

Bon Dieu ! Je n’étais pas un crapaud ; j’étais même plutôt beau gosse. Une certaine stature (malgré ma petite taille qui me valait pas mal de vannes de la part des membres du Komité). Un front plein d’assurance. Des yeux emplis de vertes et de pas mûres. Un nez qui respirait le monde. Des lèvres charnues à  souhait ! Après tout, Tatiana les avait bien embrassées, ces lèvres. Ok, c’était il y a longtemps. Nous étions en Seconde, ça se passait au milieu du second trimestre. Je l’avais croisée sur le chemin du bahut. Juré ! Je voulais lui taper la bise. On s’est mal synchronisés. Sur la tête de mes pompes ! Ma direction avait fourché et mes lèvres étaient tombées sur les siennes. OK, c’était sans faire exprès.
OK ! Mais c’était si bon ! Pour moi, en tout cas. 

Djiraël, Sacha, Armand, Jazz, Rania et Doumam, copains depuis toujours, rentrent en terminale au lycée Rousseau de Sarcelles. Pour eux, tout n’est pas facile. Pourtant, ils décident que cette année sera exceptionnelle, qu’elle restera dans les mémoires : l’année de tous les possibles. La belle Tatiana qui occupe les pensées de Djiraël semble, cette année, répondre enfin à ses avances. De l’élection du délégué des délégués de classe en passant par l’organisation de fêtes mémorables, Djiraël démarre sur les chapeaux de roues ; Maître mot : profiter du système et en faire profiter ses copains. Et, cerise sur le gâteau, leur prof principal cette année, c’est Monsieur Fèvre, le super prof d’éco, celui qui les écoute vraiment.
Mais la vie prend parfois des chemins de traverse et tout ne se passe pas comme prévu ! Cette année de terminale sera exceptionnelle mais pour d’autres raisons et sûrement bien plus belles !
Dans ce cinquième volet de sa « Comédie Urbaine », Insa Sané nous embarque avec délice dans la vie de ces ados de banlieue tour à tour émouvants, attachants, drôles, presque tragiques parfois. Avec « Les cancres de Rousseau», Insa Sané nous ramène à Sarcelles en 1994, avant « Sarcelles-Dakar », au moment où ses héros, encore lycéens, cherchent leurs champs des possibles.
C’est une véritable ode à l’amitié et à la vie!

Valérie Fèvre, La Cabane à Lire

A lire absolument !
&
Invitation à rencontrer
Insa Sané et Yann Fievet alias M.Fèvre

mardi 7 novembre à 19h – La Cabane à Lire – Bruz
& mercredi 8 novembre à 18h – Gwrizienn – Bécherel

dans le cadre de notre manifestation ENFANCE(S)
ENFANCE(s) – 7ème édition Libre en littérature

Information & réservation :

La Cabane à Lire
Place Marcel Pagnol 35170 Bruz – Tél. 02 23 50 35 85
contact@lacabanealire.fr – www.lacabanealire

&

Gwrizienn & Le Petit Bazar Breton
3, rue de la chanvrerie 35190 Bécherel Librairie – Tél. 02 99 66 87 09 et 06 61 91 52 32 – ypreteseille@wanadoo.fr