Rêvons Demain

Pour la sixième édition de notre manifestation littéraire Libres en littérature, les libraires de la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne ont choisi d’illustrer le thème de Rêvons Demain :

Rêvons Demain

Pour la sixième édition de notre manifestation littéraire Libres en littérature, les libraires de la Fédération des Cafés-librairies de Bretagne ont choisi d’illustrer le thème de Rêvons Demain :

Hamid Sulaiman
Freedom Hospital
ça et là/ arte editions
285 pages – 23 euro

Nous reconstruirons en plus grand. J’étais consciente des risques
en créant l’hôpital et je suis prête à assumer le coût de mes ambitions.
Il y a un prix à payer pour réaliser ses rêves.
Yasmine, jeune pharmacienne énergique, a créé un hôpital clandestin, FREEDOM HOSPITAL, dans une ville syrienne afin de venir en aide aux rebelles. Sophie vient faire un reportage sur cet établissement et ses occupants. Après avoir traversé clandestinement la Turquie en ce mois de « Mars 2012, 40000 victimes depuis le début de la révolution » en leur compagnie, nous côtoyons la société syrienne dans sa diversité. L’hôpital rassemble notamment un kurde, un alaouite, une journaliste franco-syrienne, des membres de l’armée libre et un islamiste radical. Ici, la tolérance fait loi. Mais l’histoire fait imploser le fragile équilibre de cette communauté. Un an après ce jour de mars 2012 et un terrible bombardement, Freedom Hospital se voit contraint de poursuivre sa mission depuis un « camp de réfugiés, frontière syro-turque ».
Un dessin en noir & blanc pour des personnages hauts en couleur et passionnants à suivre dans cette année de vie, une année de survie. Les paysages comme les corps et les visages sont en mouvement permanent. Ils rythment la narration et se révèlent parfois à nous comme inscrits sur un négatif. Du noir de la page, jaillissent les hommes et les femmes qui s’aiment, manifestent, combattent. Du noir saturé, surgissent les armes et les bombes, la peur et la violence. Freedom Hospital est aussi une histoire d’amours et d’amitiés, de solidarité et d’entraide, de courage et de liberté. C’est l’histoire d’une société syrienne et de sa jeunesse en marche.
Quatre saisons sont ici déclinées par Hamid Sulaiman, pacifiste talentueux, qui dresse un portrait plein d’humanité de la Syrie en guerre. Son roman s’achève sur un nouveau printemps comme une promesse d’un changement à venir.
Gaëlle Pairel, coordinatrice de la FCLB
HAMID SULAIMAN

copyright : Jérémie Lortic
sera présent
sur le stand de La Cour des Miracles
dans le cadre de notre manifestation Libres en littérature
& du Festival de BD Quai des Bulles
http://www.quaidesbulles.com/
le samedi 28 & le dimanche 29 octobre 2016
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A découvrir prochainement le programme complet de cette sixième édition de Libres en littérature
sur le thème de
Rêvons demain
en présence de :
Maram Al Masri, poétesse syrienne
Anna Bednik, diplômée en économie et en géopolitique, journaliste
Jacques Caplat, agronome et ethnologue
Pascal Greboval, co-fondateur et rédacteur en chef de la revue KAIZEN
Paul Jorion, anthropologue & essayiste
Hervé Kempf, journaliste, essayiste, fondateur du quotidien REPORTERRE
Tudi Kernaleguen, chercheur, enseignant, journaliste
Georges Lefeuvre, diplomate & chercheur
Bénédicte Manier, journaliste
Marc Petitjean, photographe et cinéaste
Bruno Pilorget, illustrateur & carnettiste
Mamadou Sall, conteur
Maryam Samaan, plasticienne syrienne
&
Hamid Sulaiman, architecte, plasticien et auteur syrien
Taï-Marc Le Thanh
Le jardin des Epitaphes
Didier Jeunesse / sortie 28/09/2016
17 euros

Thèmes : Aventure – Fraternité – Apocalypse
Âge : à partir de 14 ans
Turbine, ou encore Hypoténuse, est venu chercher son frère et sa soeur, restés seuls à Paris, après les catastrophes de l’Aberration. L’Aberration est une monstrueuse particule qui a engendré des phénomènes plus destructeurs les uns que les autres : nuages solidifiés écrasant tout sur terre, courants marins détournés et tempêtes apocalyptiques. Des humains sont transformés en singe ou en zombie ou en cannibale. Des machines deviennent tueuses. Ne sont restés en vie que ceux qui se sont cachés. C’est le cas de nos trois héros, trois enfants emportés dans la tourmente. Un seul objectif : survivre pour rejoindre leurs parents de l’autre côté de l’Atlantique. Ils vont traverser la France en direction du Cap Saint-Vincent au Portugal, là où les courants marins ont agglutiné tous les bateaux.
Ils vont surmonter tous les obstacles mais c’est surtout Turbine, grand frère protecteur, qui se bat. Il n’est pas tout à fait comme les autres ; Sa force, sa résistance, son intelligence sont bizarrement décuplées. Il sait, sans se souvenir vraiment, qu’il a été l’objet d’expériences dans un centre qui l’ont rendu « sur-homme ». Mais son humanité fait toute la différence.
Taï-Marc Le Thanh nous offre un roman d’aventure apocalyptique, dur et noir, à la « Mad-Max », avec un personnage aux allures de « Caméléon ». C’est une quête de vérité qui laisse le lecteur en état de survie. Attention, âme sensible !
Valérie Fèvre, La Cabane à Lire
Jeremy Behm
Mon ami Arnie
Éditions Syros – 14,95€

à peine eu-je pris la décision d’emprunter le raccourci que je le regrettai amèrement. Pile à mi-trajet, adossé contre un mur, les bras croisés, se tenait le grand blond à dégaine d’échassier qui s’appelait Craig. Je tentai de rebrousser chemin, mais il était déjà trop tard. Derrière moi venaient d’apparaître ses trois lieutenants qui me bloquaient maintenant le passage. Le piège s’était refermé sur moi.
Fox aime Mia et c’est plus important que le serial-killer qui terrorise leur petite ville. Tout l’été il a travaillé pour lui offrir la bague de ses rêves. Le jour de la rentrée, racketté, il se la fait voler. C’est alors que le plus impopulaire de ses camarades de classe, Arnie, lui propose un plan glauque : cambrioler le bureau de son père…
Racontée à tour de rôle par les différents protagonistes, de fausse bonnes idées en mauvais plan annoncé, l’histoire se déroule telle une chute de dominos que l’on ne peut stopper.
L’auteur sait entrer dans le monde et la tête des ados d’aujourd’hui. Grâce à un style percutant et jubilatoire et à des dialogues enlevés, ce roman se lit comme un épisode d’une série américaine, aussi déjanté et addictif qu’un film de Tarantino !
à partir de 14 ans
Agnès Godin, La Cabane à Lire
Didier Lévy, Magali Le Huche
Vive la danse !
Éditions Sarbacane, août 2016
Album jeunesse – 32 pages – 14,90 euros

Hector va donc au cours de danse de madame Ivanova, à deux pas de là.
Que des filles qui le regardent avec des yeux ronds !
Que des filles qui chuchotent dans son dos !
Hector veut s’enfuir. Mais dès qu’il entend le piano,
dès qu’il voit les arabesques : COUP DE FOUDRE !
L’auteur Didier Lévy et l’illustratrice Magali Le Huche nous offrent une histoire jubilatoire, drôle et tourbillonnante. Tourbillonnante comme la danse qui s’impose au bondissant Hector qui épuise ses parents à force de gesticulations. La solution : le cours de madame Ivanova. Une révélation pour Hector qui danse désormais TOUT LE TEMPS au grand dam de son père et de sa mère qui veulent arrêter ses entrechats. Le jeune garçon refuse de renoncer à son bonheur et s’envole littéralement emportant avec lui sa famille et le lecteur dans une ronde libératrice.
Le texte et l’illustration rythment avec énergie, humour et délicatesse la lecture de cet album. Les aventures dansantes du jeune Hector s’incarnent dans le mouvement permanent des mots et du trait :
Madame Ivanova plaque alors un énorme accord sur le clavier, et zou ! La famille toute entière est projetée dans le ciel !!!
Et, le toit de s’ouvrir sur le ciel et la famille envolée. Nos yeux suivent avec bonheur les pirouettes d’Hector, le chien Pistache, les mimiques du chat de madame Ivanova, son chignon tenu et plein quand les coiffures d’Hector et de ses parents sont tout en déliés et en tournicotis. Le dessin sort du cadre, se fait léger et vif ; la narration imprime un tempo entraînant et joyeux tout en évoquant, entre deux cabrioles, des thèmes profonds comme le regard d’autrui, la réalisation de soi, la connaissance de l’autre. Vive la danse ! à lire et à relire pour savourer encore et encore la joie qui se niche dans cet album savoureux.
Gaëlle Pairel , coordinatrice de la FCLB
Jonas Gardell
N’essuie jamais de larmes sans gants
Éditions Gaïa, 590 pages – 24 Euros
En librairie dès le 09 septembre 2016
Cette journée d’août s’en est allée sans un nuage dans le ciel, mais à travers les fenêtres condamnées du service d’isolement l’été ne pénètre pas. L’homme dans le lit est terriblement amaigri et marqué par un sarcome de Kaposi au stade avancé. Il n’a plus que quelques jours à vivre. Depuis quelque temps il a presque cessé de parler. Il reste alité, apathique, mutique. Il lutte. Parfois il pleure. De douleur ou de chagrin, personne ne le sait. Deux femmes accomplissent leurs tâches en silence dans la chambre dépouillée dont les fenêtres ne sont jamais ouvertes, dont la seule sortie est constituée d’un sas ouvrant directement sur la cour. Elles s’affairent autour du corps dans le lit comme des prêtresses officient autour d’un autel.
Rasmus vient d’avoir son bac et quitte la Suède profonde pour la capitale. À Stockholm, il va pouvoir être enfin lui-même. Loin de ceux qui le traitent de sale pédé. Benjamin est Témoin de Jéhovah et vit dans le prosélytisme et les préceptes religieux inculqués par ses parents. Sa conviction vacille le jour où il frappe à la porte d’un homme qui l’accueille chaleureusement, et lui lance : « Tu le sais, au moins, que tu es homosexuel ? ». « C’était comme une guerre en temps de paix »
Les années ont passé, en France comme en Suède, il est grand temps de transmettre la mémoire de ces années où une génération a été décimée. Sid’amour à mort comme l’a si bien résumé Barbara. Jonas Gardell ne joue dans ce magnifique roman d’aucun suspens, tout est là dès le début, la maladie, la mort qui fauche une jeunesse libre de son corps et son montage littéraire propose, comme un tourbillon, de s’approcher au plus près de notre humanité.
Le roman progresse en allers & retours, on avance, on zoome, on recule pour mieux appréhender le contexte et on est accroché à ces héros amoureux de la vie. L’expérience de la lecture de ce roman fait penser au plaisir de suivre une série où petit à petit les personnages nous sont dévoilés, évoluent, on les perd, on les retrouve, certains disparaissent et le fleuve de leur vie se nourrit pour nous abreuver d’une joie de vivre, malgré tout. Le vœux d’honnêteté et d’hommage de Jonas Gardell à tous ces disparus qui furent avant tout fiers de leur liberté est extrêmement touchant à lire. Du romanesque pur.
L’équipe des Bien-aimés